CPF : pourquoi les demandes explosent-elles ?


Depuis septembre, les demandes de prise en charge de formation dans le cadre du CPF connaissent une augmentation significative : les entreprises et les salariés ont bien compris que la réforme annoncée, dont la future monétisation, fait partie ne joue pas en leur faveur.

Avec cette réforme, les salariés craignent de perdre une partie de leurs droits et les entreprises une source de financement.
En effet, dès l’an prochain, les heures acquises au titre du CPF seront transformées en euros : une heure de formation pourrait valoir 14,28 €.

 

Cette mesure fait polémique, car selon les syndicats, ce calcul est moins avantageux

En effet, apprendre une langue étrangère ou un nouveau métier n’a pas le même prix. Jusqu’à présent, une heure acquise permettait aux salariés de bénéficier de toutes sortes de formations, qu’elles vaillent 10 ou 80 € de l’heure. Ils pouvaient se former sur leur temps de travail et étaient accompagnés par leur entreprise qui leur facilitait les démarches administratives et leur apportait des conseils sur les formations et les organismes.

 

La CGT écrivait la semaine dernière dans un communiqué de presse :  

« Alors qu’aujourd’hui, les salariés ayant acquis 150 heures bénéficient d’un financement moyen de 5250€ à 6000€, le taux de prise en charge moyen étant de 35€ à 40€ de l’heure. Au premier janvier 2019, 150 heures devraient être valorisées à hauteur de 14,28€, soit un montant global de 2142€ soit une perte nette pour chaque bénéficiaire ayant 150 heures sur son compte oscillant entre 3858€ et 3108€. »

 

De son côté, le gouvernement se veut rassurant et maintient que la réforme ne diminuera pas le droit des salariés

Mais l’inquiétude persiste. La monétisation du CPF fait tous les jours l’objet de nombreux articles, analyses, communiqués, tweets.

Marc Dennery de C. Campus écrivait sur son blog le 8 octobre : « Les décrets en préparation de la loi « Avenir professionnel » vont déterminer l’ampleur, et peut-être même le sens, de la transformation annoncée. C’est notamment le cas du décret qui va fixer le montant des heures de CPF capitalisées par les salariés. L’intérêt du CPF au 1er janvier dépendra de ce montant. Si l’heure est valorisée autour de 14€, comme l’a annoncé Muriel Pénicaud lors de sa conférence du 5 mars dernier, le pouvoir d’achat moyen des salariés devrait être inférieur à 2000 € au 1er janvier 2019 ».

 

C’est la panique car tout le monde veut profiter des derniers financements. 

Le 8 novembre au 20h, France Télévision a diffusé un reportage effectué auprès d’organismes de formation ou des Agefos qui enregistrent des demandes records. Les Agefos PME Opca dit « interprofessionnel » ont dû doubler leurs effectifs. Joël Ruiz, le directeur général, précise avoir engagé 130 % de la collecte.

Certains journaux annoncent que les fonds du dispositif CPF commencent à s’épuiser… Ainsi on a pu lire dans Les Échos que : « L’Afdas, l’Opca des métiers de la culture, des médias, de la communication ou du loisir, a été contraint de mettre en veilleuse les demandes, faute de fonds suffisants. »
Des tweets mentionnent que « certains OPCA ont décidé d’arrêter les prises en charge des CPF des salariés à compter du 15 novembre 2018… ».
Parallèlement, on a pu lire que l’OPCA de la fonction hospitalière renforce la mutualisation de ses fonds pour contribuer au financement de dossiers « CPF » dans la fonction publique hospitalière.

 

Chez ACLANGUES, nous constatons depuis septembre une affluence record des demandes

La semaine dernière, nous avons traité 170 demandes de CPF en anglais et cette semaine déjà une cinquantaine, ce qui, au total, représente pratiquement 20% des inscriptions annuelles.
Il faut dire que certains OPCA ont également beaucoup communiqué auprès de leurs adhérents et les poussent à la consommation.
Actuellement, seul l’Afdas refuse les CPF 2018 mais accepte les demandes en appliquant les nouvelles règles et les nouveaux financements 2019.

 

Chantal Roques, 15 novembre 2018

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